La reprise d’entreprise : une voie d’accès à l’entrepreneuriat à ne pas négliger

La transmission d’entreprise (ou reprise d’entreprise) est un enjeu économique et social national majeur. De sa réussite dépend notre capacité à maintenir des emplois sur le territoire national mais également notre capacité à proposer des opportunités à de futurs dirigeants ne souhaitant passer trop de temps sur la phase de lancement de leur Business Model.

La transmission d’entreprise, le « parent pauvre » de l’entrepreneuriat

Bien que nous ne disposions que de peu de chiffres mis à jour sur le sujet, un dernier rapport, remis au Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique le 7 juillet 2015, rappelait que seules 60 000 entreprises sont mises sur le marché tous les ans en France, quand 185 000 unités pourraient être concernées, si ce marché ne restait pas aussi confidentiel. Globalement, Bercy (2016) estime que, chaque année, une entreprise sur deux disparaît faute de repreneur. Ces chiffres sont ceux habituellement cités par les différents acteurs de la transmission d’entreprise. Ils font consensus et sont relativement stables depuis 10 ans, même si nous pouvons regretter que l’INSEEE ne comptabilise plus les reprises d’entreprises depuis 2006 dans ses statistiques annuelles.

Ainsi, selon l’Observatoire BCPE (2014), la première cause de transmission des PME est le départ à la retraite du dirigeant. Or, 49% d’entre eux sont actuellement âgés de plus de 50 ans et 21,1% ont 60 ans ou plus (contre, 13% en 2000). Sachant que la part des dirigeants les plus âgés (+ de 65 ans) continue de progresser, le choc démographique qui s’annonce doit absolument être anticipé et s’accompagner d’un intérêt renouvelé des pouvoirs publics pour la reprise des entreprises. De fait, soutenir la transmission, c’est favoriser l’investissement et le développement des capacités productives mais, également, préserver des savoir-faire précieux et maintenir le plus grand nombre d’emplois – Bercy parle de 750 000 emplois concernés par an.

Or, il semble que la transmission d’entreprises demeure le « parent pauvre » de l’entrepreneuriat. Nous remarquons que les principales initiatives publiques vont dans le sens d’une incitation forte à la création d’entreprise – le nombre d’incubateurs, de programmes d’accélérateurs, de concours de création d’entreprises en témoigne. A contrario, très peu d’initiatives sont relayées pour encourager les créateurs d’entreprise à s’intéresser au marché de la transmission.
Pourtant, le taux de survie des entreprises récemment reprises est bien supérieur aux taux de survie des créations d’entreprises : 60% à 5 ans contre 50% pour ces dernières (données chiffrées par Bercy, 2016).

Des risques d’échecs bien identifiés

Les risques d’échec restent malgré tout nombreux mais assez bien identifiés. La synthèse proposée par B. Deschamps (Revue de l’Entrepreneuriat, 2003), nous intéresse plus particulièrement puisqu’elle répertorie l’ensemble des risques inhérents à la reprise d’entreprise en six phases : notons qu’elle reprend l’idée soutenue par de nombreux auteurs selon laquelle la préparation – et donc la capacité à consacrer du temps – à une transmission est un des facteurs indissociables et favorables à la réussite du projet. L’auteure fait également apparaître toute la complexité du phénomène car les phases ne sont pas réellement disjointes : elles sont interdépendantes et les acteurs en jeu particulièrement nombreux.

A la lecture de ce tableau, nous observons que lors de la phase de décision, le repreneur doit avoir bien intégré l’idée de reprendre, s’être approprié le projet et sentir que le moment est venu. Dans le cas où une de ces variables ne serait pas prise en compte, le processus serait posé sur de mauvaises bases.

Concernant la phase de détection, les risques identifiés sont essentiellement liés à la qualité de la définition des critères de ciblage de l’entreprise cédée. Les auteurs préconisent au repreneur de rechercher la cohérence la plus forte possible entre le choix de la cible et ses propres capacités. La phase d’analyse de la cible qui en découle est très risquée car à ce moment-là, le processus de reprise se superpose au processus de transmission par interaction avec le cédant. Cette phase consiste à produire une vision la plus juste possible de l’entreprise à reprendre. Les auteurs ont identifié des symptômes et des pathologies afférentes – myopie repreneuriale, astigmatie repreneuriale, hypermétropie repreneuriale – dont il faudra que le repreneur se protège. La négociation, qui signale la fin de cette phase, comporte le risque pour ce dernier d’accepter un prix trop élevé ou bien un contrat trop peu protecteur.

La phase d’entrée du nouveau dirigeant dans l’entreprise : le moment de tous les DANGERS !

Si le processus de transmission est un système complexe dans son ensemble, cette complexité est à son paroxysme lors de la phase d’entrée du repreneur dans l’entreprise. Cette phase mobilise l’ensemble des acteurs : le repreneur, le cédant, les salariés et le réseau du cédant. A l’occasion de l’entrée du repreneur en activité, l’intégralité des difficultés occultées vont être révélées et elles seront cumulatives (WOLFF, Revue Vie & Sciences de l’Entreprise, 2016).
C’est lors de cette phase que se posent les problèmes les plus complexes et que l’on peut assister au « rejet de la greffe » -à savoir, le rejet du repreneur en tant que nouveau dirigeant- entrainant l’échec total du processus. De nombreux travaux autour de la reprise d’entreprise témoigne du fait que la transmission ne peut réussir sans a minima une attention toute particulière portée sur la relation cédant-repreneur aussi bien de la part de ces deux protagonistes qu’à l’égard des écarts de représentations que cet évènement peut produire aux yeux des principaux acteurs de la structure transmise.

… Cédants & repreneurs, pensez au coaching de transmission… !

Fort de ces constats, MUTEAGO a développé des programmes d’accompagnement et de coaching de transmission spécifiques. Notre équipe vient en complément des opérations juridiques et comptables indispensables au processus de transmission mais pour autant insuffisantes pour optimiser les chances de réussite. Nous nous chargeons de l’aspect humain de la transmission en travaillant sur l’amélioration des compétences des acteurs et notamment celles du repreneur qui doit revêtir au plus vite sa nouvelle identité professionnelle.

Ce programme se concentre également sur l’identification et la levée des principales difficultés socio-organisationnelles rencontrées lors de la phase d’entrée du repreneur avec ses nouvelles parties prenantes (salariés, fournisseurs, clients, collectivités locales, etc.)

Dominique WOLFF (DG, MUTEAGO)



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