Label Lucie, Afaq 26000, Global Compact, comment s’y retrouver…?

La RSE a le vent en poupe ! C’est d’autant plus vrai que les études montrent que mettre en place une politique RSE, c’est rentable! Selon la dernière étude d’envergure, réalisée auprès de 8 500 entreprises de plus de 10 salariés, et publiée par France Stratégie le 7 janvier 2016 : « Les entreprises s’impliquant en RSE sont 13% plus performantes ».

Toutefois, lorsqu’il s’agit d’identifier les entreprises les plus impliquées, difficile de s’y retrouver… Délicat d’imaginer devoir systématiquement avoir recours à l’audit externe lorsqu’il s’agit de sélectionner ponctuellement un fournisseur; encore moins imaginable, lorsqu’il s’agit d’identifier la pépite dans laquelle on rêve de s’épanouir professionnellement… Tentons d’y voir plus clair !

« Grâce à la norme ISO 26000 ? »

La norme ISO 26000 : 2010 est le fruit d’un très large consensus international sur la définition et les lignes directrices expliquant la meilleure des manières, pour une organisation de rendre ses activités socialement responsables. Elle fournit une définition très précise de la RSE / RSO, ou responsabilité sociétale, comme étant la « responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et de ses activités sur la société et sur l’environnement, se traduisant par un comportement transparent et éthique qui :

  • contribue au développement durable y compris à la santé et au bien-être de la société,
  • prend en compte les attentes des parties prenantes,
  • respecte les lois en vigueur et est compatible avec les normes internationales,
  • est intégré dans l’ensemble de l’organisation et mis en œuvre dans ses relations. » (ISO 26000, 2010)

Cette norme décrit deux pratiques absolument fondamentales de la RSE/RSO que sont :

  • l’identification des impacts des décisions et activités de l’organisation au regard de 7 thématiques centrales,
  • l’identification des parties prenantes et le dialogue avec celles-ci.

Ces deux pratiques visent à déterminer les domaines d’action pertinents et prioritaires à mettre en place par une organisation souhaitant déployer une politique RSE / RSO.

Malheureusement, ISO 26000 n’est pas une norme certifiante ☹

ISO 26000 fournit des orientations – lignes directrices – aux organisations et non des exigences. Contrairement à d’autres référentiels, il n’est donc pas certifiant. C’est une norme de « comportement » et non une norme « d’objectif ». Elle laisse le choix à l’organisation de hiérarchiser ses propres priorités qui peuvent être affectées de manière très larges par des éléments spécifiques : la taille de l’entreprise, son histoire, son marché (public, privé, type de concurrence), son secteur, son cadre réglementaire,…  Dans tous les cas, cette hiérarchisation sera impactée par les attentes spécifiques de ses propres parties prenantes.

Par conséquent, la norme ISO 26000 reste avant tout un guide méthodologique, centré sur des lignes directrices et non des exigences mesurables. En effet, n’étant pas en mesure d’établir un niveau de conformité absolu pour tel ou tel enjeu, ISO a choisi de ne pas rendre certifiant ce document et, ainsi, éviter de résumer la norme ISO 26000 à un plus petit dénominateur commun intersectoriel : solution qui, au final, aurait insatisfait toutes les parties, prisent individuellement.

Toutefois, lorsqu’on est engagé dans une démarche RSE, il est parfois nécessaire de faire le point sur sa démarche et de la valoriser. Il est tout à fait possible de se faire évaluer – par une tierce partie – et de valoriser ses engagements de RSE / RSO. Dans ce cas figure, il va sans dire que la « qualité » de la signature de l’évaluateur devient prépondérante pour les parties prenantes…. Mais pas SEULEMENT !

Des Labels pour valoriser la RSE…

Ainsi, par exemple, Afnor Certification a créé AFAQ 26000, un outil d’évaluation des comportements RSE / RSO se basant sur les principaux référentiels internationaux.

Comme nous le savons tous, l’élément qui garantit la fiabilité d’un Label réside principalement en son niveau de conformité dans un référentiel connu. Dans la majorité des cas, il s’agit d’un cahier des charges : le respect de ces conditions donne lieu à l’obtention du Label. Sans ce référentiel et sans l’intervention d’un organisme extérieur reconnu pour son indépendance, le Label perd sa fonction et ne délivre plus le message distinctif attendu par le marché.

AFAQ 26000 modèle l’intégration de la responsabilité sociétale à la stratégie et aux pratiques des organisations, et s’articule autour des deux axes d’évaluation suivants :

  1. Évaluer les pratiques stratégiques, managériales et opérationnelles. Il s’agit de mesurer la maturité des pratiques RSE pour des 5 critères suivants :
    1. Vision & Gouvernance,
    2. Mise en œuvre & communication,
    3. Ressources humaines, relations & conditions de travail,
    4. Modes de production, de consommation durables & questions relatives aux consommateurs,
    5. Ancrage territorial : communautés & développement local.
  2. Evaluer les résultats relatifs aux 3 piliers du développement durable. Il s’agit d’évaluer la capacité de l’organisation à identifier et à piloter des indicateurs pertinents par rapport à ses enjeux, pour les trois critères suivants : 
    1. Résultats environnementaux,
    2. Résultats sociaux,
    3. Résultats économiques.

De son coté, le Label LUCIE reprend l’intégralité de l’architecture de la norme ISO 26000 et de ses 7 domaines d’action constitutifs. Le processus de Labellisation est composé de 5 étapes, guidé par un consultant externe. L’évaluation finale est réalisée par Bureau Veritas ou Vigeo Eiris.

Le Label LUCIE est ensuite attribué par un comité composé d’experts indépendants  (y compris de Veritas, Vigeo et l’Agence Lucie), participant à crédibiliser les engagements RSE de la structure commanditaire. Notons que chaque labellisation est subordonnée à l’identification de priorités et d’engagements de progrès. C’est sur la base de ces engagements de progrès, qui doivent répondre à des critères précis, que le Label est décerné.

Le Label LUCIE est valable 3 ans, et engage l’organisation dans un processus d’amélioration continue supervisé et réévalué à mi-parcours.

Outre cette transposition fidèle de la norme ISO 26000, le Label LUCIE s’est également attaché à développer une identité forte, la notion #RSEPositive, organisée autour d’une communauté très dynamique, la #CommunautéLUCIE, qui regroupe plus de 300 membres (entreprises et institutions), qui se retrouvent autour de valeurs communes et d’un idéal fédérateur, celui d’ « être un acteur du changement ». Ainsi tout au long de l’année, les membres de cette communauté ont de nombreuses occasions de se retrouver pour réfléchir, valoriser et partager leurs meilleures pratiques.

A noter, qu’au delà des notes obtenues, ces deux Labels réussissent également à intégrer la dimension systémique de la RSE et proposent sur de nombreuses dimensions une analyse globale en vue d’une intégration « holistique » (comme le préconise l’ISO 26000) de la responsabilité sociétale dans l’entreprise.

Enfin, le Global Compact, initiative gérée par les Nations Unies, propose aux organisations (privées ou publiques) un cadre d’engagement simple, universel et volontaire, qui s’articule autour de 10 principes relatifs au respect des Droits Humains, aux normes internationales du travail, à l’environnement et à la lutte contre la corruption.  Le Global Compact ambitionne d’être le catalyseur des engagements, actions et innovations des entreprises en terme de développement durable. Pour ce faire, Kofi Annan proposa, en 1999, aux firmes multinationales de s’engager sur la mise en oeuvre et la publication de bonnes pratiques (COP) en lien avec l’un des 10 principes précédemment évoqué en échange du droit de pouvoir utiliser l’image de marque des nations (via le logo ci-dessus) sur leur communication institutionnelle.

Le 23 juin 2016, l’ancien Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a déclaré : « Le Global   Compact des Nations Unies est exceptionnellement bien préparé et placé pour guider les entreprises dans l’ère des ODD. Atteindre les ODD demandera une coopération sans précédent, une innovation radicale et un leadership extraordinaire. […]. Cela exigera de chacun de nous d’être un pionnier, dans un nouveau territoire. Cela signifie prendre ses responsabilités, personnelles et collectives, sur la manière dont nous faisons des affaires, avec qui nous choisissons de travailler ou de nous associer. […] Le Global Compact est le forum idéal pour cela ». 

Cette initiative fut un véritable succès puisque fin 2018 plus de 13000 organisations de 170 pays étaient signataires du Global Compact. Sur ce constat, et pour faire écho aux 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) à horizon 2030, le Global Compact, par l’intermédiaire de son ancien secrétaire, Ban Ki-Moon, se donne comme nouvel objectif de traduire en langage entrepreneurial, les 17 ODD des Nations Unies, et invite ses membres à les intégrer progressivement à leur Communication sur le Progrès (COP).

Voici la synthèse des principaux labels et initiatives distinctives que toute partie prenante peut rencontrer lorsqu’elle s’intéresse à la RSE / RSO et aux organisations qui la pratiquent.



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